« C’est toujours revenir à cette affirmation, fausse, du tableau composé d’avance dans la tête de l’artiste, quand tout le monde sait qu’une forme sur la toile va provoquer la naissance d’une série d’accidents, d’interprétations, de concordances qui tendront vers une harmonie non prévue par l’artiste et où son inconscient va vouloir s’exprimer.
Là où l’œuvre est conçue selon un schéma, en partant, par exemple, de l’esquisse, le rationnel domine l’élan et c’est ce qui nous donne si souvent ces œuvres sèches dont est bannie l’âme humaine, sensible et vibrante ».
« Avec l’abstrait, il est très difficile de se faire d’avance une idée, même vague, de ce que l’on veut. A peine a-t-on trouvé une ligne que toute intention préconçue fout le camp. On devrait presque s’en tenir à des harmonies bleues, roses, grise… »

Guillaume Vanden Borre, 1949
(in "La peinture abstraite en Belgique 1920-1970", Ph. Roberts-Jones)